

Donner pour mieux recevoir
« Dépensez (au service de Dieu) de ce que Nous vous avons octroyé avant
que la mort ne vienne à l'un de vous et qu'il dise alors : "Seigneur !
Si tu me donnais un court sursis afin que je fasse l'aumône et que je
fasse partie des vertueux ?" Jamais Dieu ne donne de sursis à une âme
quand son heure est venue. Dieu est parfaitement au courant de ce que
vous faites. »
Sourate 63, Al Mounafiqun (Les hypocrites), versets 10-11
L'islam et la générosité
L'islam a depuis toujours façonné des codes de vie basés essentiellement sur l'hospitalité, la générosité et la courtoisie.
Jâbir ibn `Abd-Allah (qu'Allah soit satisfait des deux) a dit :
"Jamais, quand on lui demanda quelque chose, le Prophète ne répondit fût-ce pour une seule fois : Non." (Mouslim)
En effet, pour gagner le paradis, le musulman doit dépenser et donner «
sans que personne lui ait fait un bien dont ce soit la récompense »
(Sourate 93, Ad-Douha (Le jour montant), verset 19). Si le musulman
souhaite purifier son âme, il doit la débarrasser de tout attachement
excessif au matériel, aux biens, attachement qui, parce qu'excessif,
nuit à la spiritualité. Dieu l'exhorte à apporter « au proche parent
son droit, au pauvre aussi, et à l'enfant de la route » (Sourate 30,
Ar-Roum (Les romains), verset 38). C'est un troc entre Dieu et l'homme.
Dieu sait bien que c'est illogique de demander aux fidèles de donner
sans remboursement, pour cela Il a promis à l'homme de lui rendre dans
l'au-delà tout ce qu'il donne ici-bas. Car le don qui est aussi une
dépense. Cette équation, entre le donner et le rendre, entre Dieu et
l'homme, est clairement illustrée dans le Coran :
« Quiconque fait à Allah un prêt sincère, Allah le lui multiplie, et il aura une généreuse récompense. »
Sourate 57, Al hadid (Le fer), verset 11
Cette équation motive le musulman et le pousse à dépenser, maintenant
dans le sentier de Dieu, pour gagner par la suite le paradis. C'est une
relation dialectique. Dieu est le grand donneur. Il donne d'abord la
vie. L'homme l'accepte et devient en dette envers Dieu. Il veut
l'acquitter, en donnant petit à petit (jeûne, aumône, pèlerinage, etc.)
pour la gloire de Dieu et pour que Dieu lui redonne la santé, les biens
et surtout une place au paradis. Ce qui fait de cette relation un cycle
qui s'analyse en trois moments, donner, recevoir et rendre. La main qui
donne est meilleure que celle qui reçoit... Abû Hurayra (qu'Allah soit
satisfait de lui)a rapporté que le Prophète a dit :
« Pour celui qui donne en aumône l'équivalent d'une datte provenant
d'un bien bon et licite - et Dieu n'agrée que ce qui est bon -, Dieu
prend cette aumône avec Sa droite et la fructifie, comme l'un de vous
élève son petit cheval, jusqu'à ce que ce don devienne comme une
montagne. » (Sahih Boukhari, n°709)
La solidarité musulmane
L'islam n'est pas une religion qui exhorte à l'individualisme. Elle
incite les croyants à l'entraide et à la coopération, à la conjugaison
de leurs efforts respectifs afin d'entreprendre ensemble les bonnes
?uvres. Les dépenses utilisées doivent atteindre un but communautaire,
pour créer une société conforme à la Loi divine (la Shari'a), pour
fonder la Oumma. Le Coran est imbibé par les versets qui visent à
atteindre des buts communautaires. Il exhorte la dépense ouvertement et
promet, à ceux qui « font largesses, en secret et en public, sur ce que
nous leur avait attribué » (Sourate 13, Ar-Ra'd (Le tonnerre), verset
22), la finale demeure dans « les jardins d'Éden » (Sourate 13, Ar-Ra'd
(Le tonnerre), verset 23). Car il conçoit le rôle de la dépense en
public comme exemple à suivre par les croyants, et veut faire de ceux
qui dépensent de cette façon un temple des Grâces en lieu où il est
bien vu, c'est pour apprendre à rendre les bienfaits reçus. Ces
bienfaits reçus, dont Dieu demande d'utiliser une part pour les besoins
personnels et d'apprendre à rendre la deuxième part pour les besoins
des autres et de la communauté :
« Ô, les croyants ! Faites largesses sur ce que Nous vous avons attribué. »
Sourate 2, Al Baqara (La vache), verset 254
Le maintien de l'ordre par la circulation des biens L'activité en
matière du comportement économique et social vise la circulation des
biens. Allah a pour but de répandre Ses biens sur tous Ses fidèles par
le biais de l'échange et du don. Il sait très bien que le monde qu'Il a
créé et la communauté qu'Il désire voir sur la terre doivent être
organisés autour de l'échange et du don, c'est-à-dire que la
circulation des choses, des hommes, des actions, des paroles, obéit aux
exigences d'une réciprocité continue. Pour cela Allah demande aux
croyants :
« Si on vous salue d'une salutation, saluez, vous, d'une meilleure ; ou
rendez-la. Oui, Dieu est en toute choses demandeur de comptes. »
Sourate 4, An-Nisa' (Les femmes), verset 86
L'islam comprend le rôle négatif de l'avarice dans la vie d'une
communauté. Il comprend que le recours à l'épargne, à l'accumulation et
à la concentration des biens affaiblit la solidarité et l'unité de la
communauté. Pour lui, ces activités sont intolérables, l'homme se
rebelle dès qu'il se voit au large :
« Prenez garde ! Vraiment l'homme devient rebelle, dès qu'il estime
qu'il peut se suffire à lui-même (à cause de sa richesse). »
Sourate 96, Al 'Alaq (L'adhérence), versets 6-7
Et elles figurent parmi les activités condamnables. Le Coran annonce un châtiment douloureux :
« [?] A ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne les dépensent pas
dans le sentier de Dieu, annonce un châtiment douloureux, »
Sourate 9, At-Tawba (Le repentir), verset 34
Ainsi, les riches, dans cette religion qui compte beaucoup sur la
communauté, sur les masses et la foule, sont dans l'?il de l'aigle et
les pauvres peuvent récupérer une part de leur argent car :
« et dans leurs biens le mendiant et le déshérité avaient un droit ! »
Sourate 51, Adh-Dhâriyat (Ceux qui éparpillent), verset 19
Et la foule musulmane, cette collectivité que Dieu aime voir ses
membres « combattent dans Son sentier en rang serré comme s'ils étaient
un édifice plombé » (Sourate 61, As-Saff (Les rangs), verset 4), ne
supporte pas les qualités extrêmes qui attirent et qui sont
indésirables. Les différences dans une communauté pareille, sont
insupportables. La meilleure manière de standardiser les individus, qui
sont appelés à lutter dans le sentier de Dieu, est de distribuer entre
eux les ressources. Cela contredit l'accumulation de l'argent entre les
mains d'une poignée fortunée, qui peut se servir de cette arme pour des
fins personnelles inacceptable pour l'Islam. Les musulmans doivent
dépenser et donner pour créer un dispositif qui doit servir à aider les
pauvres, les nécessiteux, etc. Le martyre, en défendant la communauté,
le don de tous les biens matériels pour avancer la cause de la
communauté musulmane, la dépense de tout le temps dans des affaires qui
aident la communauté, toutes ces activités prodigues sont louables. La
loi islamique les recommande et exhorte les croyants à les observer.
L'idée qui blâme la prodigalité et qui ne mesure la perfection des
organismes et des sociétés que par la productivité de l'unité dépensée,
est bafouée en Islam. Pour lui l'essentiel, le rendement attendu, est
la gloire de Dieu et le progrès de sa communauté. Tout est à Dieu et
donné par Lui pour ce but. Une fois que le croyant réalise cette
vérité, les conflits qui existent entre les intérêts de l'individu et
ceux de la communauté, se résolvent. Car les intérêts d'Allah et ceux
de Ses fidèles, doivent coïncider. Le fidèle ne doit jamais douter pour
un instant qu'Allah veut lui faire du mal. Chaque activité doit viser
un but désiré par le croyant et plaisant, en même temps, à Dieu et à Sa
communauté. Ainsi lorsque le fidèle lutte pour un but communautaire, il
vise aussi, par cette lutte, un but personnel dont l'échéance tombe à
une date définie : le jour du jugement des âmes, lors de la
résurrection, quand les morts se lèvent et se présentent devant Dieu
pour être jugé chacun selon ses actes. Le fait que le croyant accepte
et attend, lors du jugement, un intérêt sur ses dépenses envers la
communauté ou dans le sentier de Dieu, rend ces dépenses supportables
et élimine le sentiment de dépenser inutilement. Car :
« Quiconque prête à Dieu un prêt d'honneur, alors Dieu le lui multiplie, et il y a pour lui un noble salaire. »
Sourate 57, Al hadid (Le fer), verset 11
De cette façon, Dieu vient de conclure avec Ses fidèles :
« Ô vous qui avez cru ! Vous indiquerai-je un commerce qui vous sauvera
d'un châtiment douloureux ? Vous croyez en Allah et en Son messager et
vous combattez avec vos biens et vos personnes dans le chemin d' Allah
[?] »
Sourate 61, As-Saff (Les rangs), versets 10-11
Et Il leur demande de :
« Ceux qui [?] dépensent, en secret et en public de ce que Nous leur
avons attribué, espèrent ainsi faire un commerce qui ne périra jamais,
»
Sourate 35, Fâtir (Le Créateur), verset 29
La lutte pour l'édification d'une communauté musulmane est une activité
dépensée dans le sentier de Dieu. Un compte à taux d'intérêt est
ouvert, dans l'au-delà. Le croyant contribue, soit en accumulant petit
à petit (don, aumône, etc.) ou en déposant d'un seul coup toutes ses
ressources (la mort dans la guerre sainte).
Un compte pour l'au-delà
Dans la communauté musulmane ici-bas, le temps est dominé par la notion
de l'instant, il est donc insensé et inacceptable de déposer l'argent
dans un compte à brève échéance, à très court terme (instant). Si le
croyant veut de l'intérêt, il faut investir ses biens dans un compte de
l'au-delà seulement, où le temps est éternel et où les taux d'intérêt
ont lieu. Pour cela l'usure en Islam est prohibée ici-bas, l'épargne à
intérêt est interdite. Et les activités en matière du comportement
économique et social, surtout celles qui s'engagent dans les dépenses
des biens, du temps et de la personne pour la gloire de Dieu et Sa
communauté sont fortement exhortées. L'islam est une religion basée sur
l'unicité et la générosité d'Allah qui est le :
« Ô Allah, Maître de royauté, Tu donnes la royauté à qui Tu veux, et Tu arraches la royauté de qui Tu veux [...] »
Sourate 3, Al 'Imran, verset 26
Il distribue les biens, le temps et la vie aux croyants. Le fidèle est
appelé, s'il veut être sauvé, à les traiter suivant la loi divine. La
dépense dans le sentier de Dieu est une activité prescrite et bien
récompensée par laquelle on arrive à satisfaire Dieu et à accumuler des
bons points. Les activités, en matière du comportement économique et
social doivent viser plusieurs buts en même temps. Le paradis est le
grand but que le musulman cherche. Le chemin vers ce summum bonum passe
par des stations : la lutte pour la gloire de Dieu et pour édifier la
communauté musulmane, les dons, les dépenses personnelles, etc. Dans
ces activités, le musulman doit dépenser ses efforts, son temps, ses
biens. Plus il dépense, plus il est récompensé. Pour chaque unité
dépensée, en compensation il reçoit deux fois, dans deux endroits. Dieu
lui donne, d'abord, ici-bas la santé, les biens, les enfants, une
longue vie, etc. Et puis, et c'est l'essentiel, Il lui ramasse ces
dépenses déployées dans un compte, à taux d'intérêt élevé, qui arrivera
à échéance le jour du jugement et servira pour plaider en faveur du
croyant afin de lui permettre d'atteindre le summum bonum de tous les
buts visés : le paradis. En Islam, Allah donne les ressources. Elles
doivent être dépensées au service de l'individu qui doit être au
service de la communauté musulmane qui doit être au service de Dieu. Et
parmi les créatures, on rencontre les humains qui ne sont créés que
pour adorer Allah :
« Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. »
Sourate 51, Adh-Dhâriyat (Ceux qui éparpillent), verset 56
Louanges à Allah qui nous a créés avec un but qui est celui de l'Adorer et de le connaître.
Et nous le remercions pour les innombrables faveurs qu'Il nous a données.
Celui qui est unique sans associé, Premier sans commencement, Dernier sans fin et toutes Ses qualités sont uniques !
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